Au fond c’est assez simple d’écouter : il suffit de se taire.

Et pourtant, cela est tellement difficile. Pour un ensemble de raisons qui sont propres à chacun d’entre nous. Bien souvent, la peur du silence, du vide, du regard de l’autre. J’échangeais récemment avec une personne sur la situation suivante : être avec son conjoint au restaurant et rester face à face dans le silence. Cette personne m’expliquait que cette situation la mettrait mal à l’aise, cela lui donnerait le sentiment que ces personnes s’ennuient et n’ont rien à se dire. De mon côté, j’imagine que ces personnes sont tellement bien ensemble que le silence est rempli et qu’elles ne se sentent pas obligées de mettre des mots.

Qui a raison entre cette personne et moi ? Personne, les deux possibilités existent. Mais la vraie question, c’est de comprendre chez soi pourquoi le silence peut nous mettre mal à l’aise. Pourtant je me sens obligée de combler le vide, de m’exprimer.

J’accompagne souvent des personnes dans la préparation aux entretiens de recrutement. De ce fait, je leur explique qu’elles doivent apprendre à ne pas avoir peur du blanc, du silence. Et que si un silence arrive dans la conversation et qu’elles souhaitent prendre la parole, qu’elles le fassent, mais qu’elles le fassent pour dire quelque chose qui est pertinent, qui est intéressant, utile. Il est important de ne pas parler pour remplir du vide mais bien de parler pour exprimer quelque chose.

Et c’est ainsi que bien souvent, nous parlons plutôt que d’écouter.

Écouter, c’est l’art de se taire, l’art d’attendre que l’autre ait terminé de s’exprimer, d’aller au bout de sa pensée, de son concept, de son idée.

Être écouté apporte tellement aux personnes. Être face à une personne qui vous écoute, cela fait un bien extraordinaire. Bien souvent, des personnes me disent : mais j’écoute telle ou telle personne qui a des difficultés et je ne sais pas trop quoi lui dire, aussi, je ne dis rien. Je leur réponds toujours que c’est la meilleure chose à faire. Très souvent, les personnes ont besoin d’être entendues, cela leur suffit. Et de fait, face à une personne en détresse, être uniquement à l’écoute, cela n’aide peut-être pas à avancer, mais on s’évite l’écueil de blesser ou de faire du mal.

Je vous assure, on sous-estime le pouvoir de l’écoute. Je te propose un exercice simple que tu peux, lecteur, pratiquer au quotidien : pose-toi dans ton bureau, ton espace de vie, ton jardin, la nature et écoute les bruits autour de toi. Car en écoutant, tu observeras que le monde est rarement silencieux. La nature est remplie de bruits : la forêt bruisse, l’océan gronde, l’eau clapote, le vent rugit, etc.

Et nos maisons également ont des bruits : tuyaux, animaux, appareils ménagers, ordinateurs, pendules, etc.

Et lorsque peu à peu tu as appris à entendre les bruits du silence, écoute les gens, laisse-les aller au bout de leurs idées, même si tu penses que ce que tu as à dire est important et pertinent, peut-être que cela ne le sera plus dans quelques instants lorsqu’il aura fini sa phrase. Ose écouter et prendre le risque d’être présent pleinement dans la relation, d’être là pour l’autre.

Écouter, laisser le temps, c’est offrir à l’autre le temps de construire sa pensée, son idée, cela lui permet d’aller au plus profond de lui pour oser exister pleinement avec ce qu’il est dans la relation à l’autre.

Être écouté, cela permet de se sentir libre, de se sentir entendu et bien souvent de trouver des solutions face à certaines difficultés de la vie. Qui n’a pas vécu cette situation d’exposer une problématique à une personne et lorsque nous avons terminé d’exposer notre problème, nous nous exclamons : “ça y est ! j’ai trouvé ma solution”.

Je ne peux que t’inviter, lecteur, à écouter l’autre, la vie, le monde et pourquoi pas à t’écouter toi-même. Le sujet devrait être passionnant, j’en suis certaine. Bonne écoute de toi et des autres.

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